Qu’est-ce qui explique la longévité de la pratique de l’entraide (koudmen) dans la société martiniquaise, comme partout ailleurs dans les Amériques ? Cette tradition, qui se décline dans de nombreuses sphères – agriculture, habitat, voies de communication, préparation des aliments, etc. –, ne répond pas qu’à des nécessités conscientes. Elles mettent en jeu des croyances religieuses qui dépassent les simples émotions personnelles et la simple socialité. Elle est en effet articulée à la pratique du don et du contre-don structurée par des obligations d’ordre à la fois spirituel, moral et symbolique (prestige et pouvoir), mais également économiques… Si l’entraide est évoquée en termes de système, de culture et de civilisation dans le texte, c’est bien parce que l’observation ethnographique permet de répertorier les traits caractéristiques de cette tradition présente dans toutes les sociétés du « nouveau monde ». Celle-ci recouvre une dimension à la fois culturale et culturelle, qui la démarque nettement du mode de fonctionnement de la plantation par la finalité de l’activité qu’elle génère, à travers l’exercice privilégié du coup de main (koudmen), du sousou (esusu en yoruba), du crédit sans intérêt, du travail collectif, de la mutualisation des efforts polymorphes, en vue d’assurer la survie du groupe humain qui la pratique…


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